Prends en de la graine, Pôle emploi !

Après des kilomètres de banlieue et de zones commerciales et industrielles, nous sommes enfin sortis d’Adélaïde (les problèmes de périurbanisation ? ils ne connaissent pas en Australie…).

Le paysage devient alors tout d’un coup plus naturel, sauvage et forcément plus exotique. Forêts d’eucalyptus, d’arbres bizarres et/ou inconnus, lacs, collines… Il parait que c’est magnifique. Il parait, car je me suis endormi dans la voiture et j’ai donc un peu tout loupé. Au réveil, j’ai pu apercevoir des vignes dans un décor vallonné. La Barossa Valley n’est pas loin.

Partis en fin de journée d’Adélaïde, nous arrivons à l’entrée de la vallée alors que le jour décline. Avant de se mettre en quête d’un endroit pour dormir, petit tour dans le seul snack ouvert du bled (Lynsdoch) histoire de manger un truc. Encore un peu dans ma fougue dépensière j’ai choisi un « burger with a lot », à la place d’un burger tout court. Pour les non anglophones, « with a lot » signifie en gros « avec la totale ». Je me suis donc attendu à plein de trucs cools, genre du fromage en plus, des oignons, du bacon, des machins comme ça quoi… Non, non, non, « with a lot », signifie en fait avec plein-de-légumes-dégueux-et-normalement-impensables-dans-un-burger. Carotte râpée, betterave, concombre et j’en oublie s’entassent sous mon steak haché. Ou comment essayer de faire croire que l’on peut manger équilibré, en gâchant tout le plaisir de manger pas équilibré.

Après ce repas plus que moyen, nous n’avons pas trouvé de coin correct pour dormir. La nuit étant tombée, difficile de trouver un champ ou un espace de verdure afin de camper. Jon et moi avons dû planter la tente à la frontale en bout de la pelouse du parking du bled, pendant que les 2 autres ont dormi dans la voiture. Ca n’a pas été la meilleure nuit en Australie. Le matin nous nous sommes rendu compte que nous avons dormi à seulement quelques mètres d’un étang. Explication rationnelle pour le froid, l’humidité, le sol plus boueux que terreux et les 2 tonnes d’insectes.

Direction les 2 villes du centre de la vallée, Tanunda et Nuriootpa, pour trouver du taf (relaté en mode 24 h chrono).

9h : premier arrêt, le centre commercial pour acheter deux trois trucs à manger. Dans la galerie commerciale, nous tombons sur un panneau rempli de petites annonces. Une retient notre attention : on recherche du monde pour les vendanges. Petit coup de fil à Leon-the-guy-who’s-searching-people. Il doit nous rappeler dans la matinée. C’est déjà un début. Nous continuons vers le point d’information de Nuriootpa, pour essayer de choper des renseignements. La femme de l’accueil brille par son incompétence à nous dire ou trouver du boulot… Cependant, comme pour le supermarché, un panneau de petites annonces retient notre attention. Autre numéro, autre patron qui cherche du monde, on le tente.

10h : appel à Adrian, qui nous dit de passer le voir à 18h, sans préciser grand-chose.

11h-17h : attente ! Ou plutôt petit tour du coin en voiture, puis belote, glande, belote et glande. Dur dur de chercher du boulot. Léon ne rappelle pas, tant pis.

18h : rencontre avec Adrian, qui nous explique les grandes lignes : horaires de tafs, pauses et deux ou trois détails à peu près aussi utiles que de la betterave dans un burger. Pas d’information sur la paye, ni sur le nombre de jours de travail. Qu’importe, il nous dit de venir le lendemain à 7h 30 pour commencer, on a un job. Jack Bauer n’aurait pas fait mieux pour mettre une bonne correction aux terroristes : la mission boulot a été accomplie en 10h chrono. 

Le travail a donc commencé un lundi à 7h30, ouille. Sans vraiment d’explication, on nous file un sécateur, deux seaux  et on nous place devant des vignes. C’est parti. En discutant un peu avec d’autres « piqueurs » (ramasseur de raisin = grappepicker), nous comprenons que nous tenons un boulot en or : 16$ nets de l’heure, 8h30 de boulot par jour, 6 jours sur 7, barbecues/apéros payés par le boss en fin de semaine… De plus, nous apprenons que le timing de notre arrivée a été parfait : normalement les vendanges ont déjà commencé à cette période. Mais, à cause du mauvais temps de cette année, les vendanges ont pris du retard. Les pluies trop fréquentes ont rendu le sol trop boueux empêchant les tracteurs de se déplacer dans les vignes, il faut donc utiliser de la main d’œuvre. L’humidité a même permis à un champignon de se développer sur les raisins, il faut donc trier les grappes. Le recrutement a ainsi été plus important afin de récolter au plus vite pour éviter que la maladie ne se répande. Merci la météo pour le coup de bol !

A la fin de la 1ère journée, nous finissons tous un peu cassés en deux. Nous réalisons que si nous voulons que nos dos survivent, dormir en tente n’est pas une bonne idée. Après un conciliabule rapide et unanime, nous décidons de louer un petit bungalow à 4 au camping de Nuriootpa. Certes, c’est une dépense, mais le calcul est vite fait : un jour de travail et la semaine en bungalow est payée. Autant dire que ça vaut le coup.

Nos 2 semaines et demie de boulot, les rencontres humaines, animales et les plans pour la suite de notre voyage sont à venir dans le prochain post. Que je promets de publier sous peu. Promis. Vraiment.

Dans la voiture, direction Barossa

 

Vers l'entrée de la Vallée

 

En attendant le Rdv pris pour 18h, il fallait bien soccuper.

Cet article, publié dans Le voyage, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s