Coupe, coupe, coupe, pose dans le seau, coupe, coupe, coupe, pose dans le seau, avance, coupe….

 

La première semaine a été assez particulière. Nous avons commencé à avoir le coup de main au prix de quelques jolies coupures. Malgré l’impression d’avoir de temps en temps un couteau planté au niveau des omoplates, nos dos se sont plutôt bien adaptés. La difficulté n’a pas été si physique. L’épreuve a en fait été plus psychologique (« tout ce qui se passe dans les champs ? », comprenne qui pourra, je ne pouvais VRAIMENT pas laisser passer celle la).

Passer en mode robot pendant 8h par jour, c’est long, très long. Le cerveau en pause trop longtemps, ça attaque un peu. Le cagnard rendant parfois les journées encore plus interminables. Le cagnard ou bien les vignes trempées du matin qui ne sèchent –et donc nous avec- qu’en fin de matinée. De plus, le soir nous n’avons pas eu le temps de faire grand-chose: tour au supermarché (juste après le boulot, en mode gros crade), douche, clope, repas, dodo.  Cerise sur le gâteau, nous avons enchaîné deux semaines de suite sans jour de congé. Alors, pour oublier, nous avons volontairement laissé notre navire faire naufrage sur les plages ensoleillées et envoutantes du goon pendant le diner. Histoire de lubrifier un peu la journée passée et la journée à venir…

Les semaines suivantes ont été plus faciles à supporter : une fois que l’on connait un peu les gens avec qui l’on bosse, les discutions se lancent plus facilement et la journée file relativement vite. Il y a beaucoup de backpackers qui effectuent les vendanges, et nous avons pu faire de bien sympathiques rencontres. Mais on compte aussi encore pas mal de «locaux» qui bossent dans les vignes. Chacune des discussions avec ces derniers a été très enrichissante : la voilà, la vraie Australie. Fermier hors d’âge d’origine allemande à la barbe blanche et fournie, pasteur anglais arrivé en Australie à ses 20 ans qui a fait sa vie ici, biker baraqué et barbu mais d’une rare gentillesse, les portraits ne manquent pas. Autre soutient pour le moral, les barbecues avec bières gratos organisés par le boss en fin de semaine. La paie hebdomadaire est également d’une grande aide. Que c’est bon de toucher son enveloppe en cash chaque jeudi ! Cela rend le taf plus concret, permet de gérer un peu mieux son argent (ou de le claquer à vitesse grand V, c’est au choix) et évite d’attendre des semaines avant de pouvoir profiter du travail effectué.

Pendant ces 3 semaines, nous n’avons pas fait que des rencontres humaines. La faune sauvage a été au rendez-vous. Dans les vignes, nous avons pu observer des araignées relativement énormes comparées à nos standards européens. Ce ne sont malheureusement pas les plus dangereuses. Parce que bon, évidemment, la plus dangereuse, potentiellement mortelle d’ailleurs, n’est pas bien grande et se planque non loin des grappes de raisins. Il s’agit de la redback, une veuve noire bien venimeuse. C’est toujours une surprise sympa que de tomber nez à nez avec une de ces bestioles au détour d’un branchage. Sinon, nous avons pu trouver d’énormes criquets –qui tiennent à peine dans la main -, des chenilles obèses et quelques lézards bien funs, aussi long que mon avant bras, se prélassant tranquille sur les branches des vignes. Au camping, cela a été plutôt la fête aux oiseaux. Des pies aussi grosses que des poules, des pigeons punks, des espèces de perroquets verts et des cacatoès ont élus domiciles dans les arbres et la forêt proches. Tous les matins, et tous les soirs, cette foutue ménagerie aviaire a fait un boucan de tous les diables… Ah oui, nous avons vu également vu nos premiers kangourous en liberté. De loin, mais ça compte !

Une fois le boulot fini, et après une énorme chouille organisée par le boss, les gens avec qui nous avons passé presqu’un mois, et pour certains bien sympathisé, ont commencé à quitter la Barossa valley. Un chapitre se clôt. Le groupe que nous avons formé n’existe d’ailleurs plus : Kevin est parti vers le nord, peut être vers Darwin. Avant de quitter la Barossa, Max est passé au camping (il a bossé plus loin dans la vallée). Tout va bien pour lui, il a trimé plus que nous encore et va sur Melbourne d’ici peu.

Pour la suite de notre voyage, nous avons pu trouver un nouveau lift (une session autostop), en la personne d’Arne, rencontré au boulot. Il veut aller sur Perth, en prenant son temps, visiter et triper. Tant mieux, nous aussi. Jérôme est toujours de la partie. Re tant mieux. Pour l’instant nous sommes de retour sur Adélaïde, en attendant impatiemment le départ, samedi matin.

Que dire d’Arne, notre futur compagnon de route ? Blond, grand, beau gosse, musicien et acteur de théâtre, son seul défaut est d’être belge… Et encore, il est flamand. Bien marrant et pas prise de tête, je pense que le road trip vers Perth va être tout simplement énorme.

L’Australie va véritablement commencer !

(pour ceux qui n’ont pas fait attention : les mots soulignés sont des liens, histoire de faire le moment culture de la journée, et lorsqu’on laisse sa souris sur les photos, un commentaire apparait. Pas forcément drôle, mais qui essaye.)

Une des bestioles croisées dans les vignes

 

Jéjé et Jonjon en plein travail

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Un commentaire pour Coupe, coupe, coupe, pose dans le seau, coupe, coupe, coupe, pose dans le seau, avance, coupe….

  1. Seb Gastaud dit :

    A ça me rappelle des souvenirs!!! Mais je peux te dire que les vendanges à Villecroze sont plus paisibles. La bête la plus dangereuse que tu croises c’est une cigale!!

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