Le 5, le 7 ou le wedge?

En se rapprochant de la côte, la température redevient plus clémente, trop peut être. Car sous la tente, certains soirs ont été bien frisquets. D’un autre côté, les mouches se font plus rares et c’est un véritable soulagement.

Nous sommes passés par Port Augusta, puis avons pris vers le Sud direction Port Lincoln, à la pointe de la péninsule d’Eyre. Oui oui, ces deux villes sont bien des ports, il y a toujours beaucoup d’imagination dans les noms de villes australiens… Pas grand-chose à dire sur Port Augusta, c’est une ville côtière où ne sommes pas restés bien longtemps. Peut être parce qu’il n’y pas tant de choses que ça à y faire…

Sur la route de Port Lincoln, pendant une pause-pour-que-la-voiture-refroidisse-un-peu sur une aire d’autoroute, deux types dans un gros 4×4 s’arrêtent, en voyant notre capot ouvert. La trentaine, shorts, marcels, claquettes, casquettes, tatouages et têtes de cailloux, les deux gars nous demandent si tout va bien avec la voiture. « Nous la laissons juste la refroidir un peu, vous inquiétez pas ». Malgré cela, l’un d’entre eux s’immisce sous le capot, jette un coup d’œil, retourne à son coffre, prend une caisse à outils et commence à tripatouiller le moteur.
– Heu, monsieur, ça va hein.
– (Dans un australien rempli de jurons) Bah nan ça va pas, j’ai eu la même bagnole, j’vois où est le problème, on va voir ce que j’peux faire.
Il farfouille, dévisse, démonte et remonte des trucs, s’installe dans la voiture, accélère, retourne sous le capot…. Nous n’avons pas la moindre idée de ce qu’il peut bien faire. Un peu comme lorsqu’on observe un sculpteur commencer son œuvre et attaquer la pierre brute. Où veut-il en venir ? Pourquoi a-t-il fait ça ?
Puis il nous montre une espèce de valve de pression d’où fuit pas mal de flotte. Il la démonte, la charcute avec sa pince, en jette la moitié par terre. Là, j’avoue que nos regards se sont croisés. Avec de la peur dedans. Beaucoup. Le doute s’installe. Le sculpteur a-t-il donné un coup de marteau de trop ?
Finalement, après avoir scotché le bout de valve restant et l’avoir remis à sa place, il nous explique, toujours dans un australien à faire pâlir les demoiselles, que la valve en question est foutue et qu’avec son rafistolage « temporairement permanent », le système de refroidissement n’aura plus de soucis. Preuves à l’appui, en accélérant la valve ne fuit plus et tout semble ok. Whoa, d’accord, nous voyons l’œuvre d’art maintenant, la sculpture a de la gueule. Pour le remercier, rien de mieux que de lui offrir de la bière. Ils ont repris la route aussi naturellement qu’ils se sont arrêtés. Encore une fois, la gentillesse des australiens est surprenante. Depuis, nous ne nous arrêtons plus pour laisser refroidir la voiture, et ne remplissons plus le système de refroidissement toute les 2 heures. La statue est un véritable chef d’œuvre.

Plus nous nous sommes rapprochés de Port Lincoln, plus le temps a tourné au vinaigre. La première nuit de camping a été assez rude : un véritable déluge s’est abattu sur la région. Les tentes, trempées, n’ont pas pu sécher : il a continué de pleuvoir tout le lendemain. Humides jusqu’à la moelle, ainsi que nos affaires, nous avons craqué et pris un bungalow. Certes, cela nous a couté un bras, ou pas loin. Mais cette journée de break, sans rouler, et permettant de faire sécher nos affaires a été la bienvenue.
Le lendemain le temps, plus clément, nous a permis d’aller faire une petite marche dans le parc national du coin, une magnifique péninsule où s’étendent d’un côté d’immenses dunes, de l’autre des falaises battues par l’océan, le tout parsemé de criques aux plages de sable blancs bordées d’eaux turquoise. Un coin carte postale en somme.

Puis, direction Ceduna, dernière « ville » avant la fameuse Nullarbor Plain. Il s’agit d’une plaine sans arbre, presque désertique, traversée par une autoroute rectiligne (s’y trouve d’ailleurs le plus long tronçon d’autoroute en ligne droite d’Australie). Au camping de Port Lincoln, des australiens nous ont parlé d’un parcours de golf à effectuer tout au long de cette plaine. Le plus long parcours de golf du monde. Oui monsieur. Evidemment, nous avons voulu le faire. Assez chanceux, nous avons pu mettre la main sur un ensemble de clubs d’occaze à Ceduna, pour pas grand-chose.

Et nous voilà donc dans le désert, à nous arrêter tous les 100 kilomètres environ pour taper la balle. Nous nous sommes vraiment pris au jeu. Même si quelquefois, nous avons passé plus de temps à chercher les balles dans le bush qu’à jouer, cela a vraiment été un excellent moment du voyage. Tous débutants, réaliser un coup propre et puissant est une véritable fierté, jalousée par les autres. Et lorsqu’il faut attendre le prochain trou pour prendre sa revanche, c’est-à-dire 100 bornes, ou même la nuit entière, la compétition s’intensifie et se retrouve au centre des préoccupations et des discussions.
« Le 3 est bien mieux que le 5 »
« Oui mais à mi-distance le 5 ou 7… »
« Combien as-tu de points d’avance ? »
« Ton dernier coup est allé à au moins 100 mètres ! »
De la pression, de bonnes tranches de rigolades, de l’envie, de la jalousie, de la fierté, de l’énervement… Le Golf, c’est la Vie. Malheureusement, nous n’avons pas pu finir le parcours, les 3 derniers trous se trouvant sur la route menant vers le nord à la sortie de la Nullarbor Plain, alors que nous avons pris vers le sud, afin d’arriver sur Perth par la côte. Voilà une bonne raison de revenir en Australie…

Nous arrivons ensuite à Espérance, ville dans laquelle nous avons mis tout notre espoir afin de rencontrer un peu de nouvelles têtes, car nous n’avons pas croisé grand monde pendant la traversée. Nous nous rendons compte que nous arrivons un poil trop tard, la plupart des backpackers étant déjà passés. Tant pis… Cela ne nous a pas empêché de se faire une petite soirée mémorable dans le pub du patelin au milieu des locaux.
Le lendemain cap sur l’ouest, Perth est pour bientôt !

PS : pour éviter les doublons je post ici des photos qui ne sont pas sur le Facebook de Jon, je vous conseille tout de même d’y faire un tour.

Les falaises du parc national Lincoln

La cuisine-laverie du camping à Ceduna, un concept tres novateur

La Nullarbor Plain

Sur la Nullarbor

Le Nullarbor golf course

Golf in the bush

Golf !

ouh yeah

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Un commentaire pour Le 5, le 7 ou le wedge?

  1. Car eve dit :

    Belles photos !!!
    Trop top les tongs….au golf !!!
    Certes nous gonflons les statistiques….pendant que ton compte se dégonfle…!!!
    Allez! au taf, maintenant!.. assez tapé la balle et promené dans les vastes étendues
    australiennes.!!!!!
    bizzzzz.
    Les Pyrénéens

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