In the city pressure

Premier contact avec la ville. Whoa, beaucoup de gens, d’activité, de bruits, de voitures… En un mot : la Ville. Avec un grand V. Le changement est brusque.

Arnie toujours avec nous, nous nous dégotons un backpacker afin de poser nos affaires. Vingt deux dollars, c’est le moins cher. Et c’est normal : moquette élimée et tachée, murs qui s’effritent, cuisine dont les gazinières ont de légères fuites de gaz qui parfument les couloirs et font un peu flipper, canapés poussiéreux et rapiécés qui devaient déjà être de seconde main à la chute du mur de Berlin… Bref, c’est plus proche du bouge infâme que de l’hôtel coquet. Mais cela fera l’affaire le temps de trouver mieux.

Première mission de l’après midi, commencer à regarder pour du boulot. Après un petit tour en ville, nous allons nous inscrire dans des agences d’intérim spécialement pour backpacker. Ces agences me semblent être une vaste fumisterie. Pas tant de boulots que ça proposés, pour beaucoup de demandes : très peu d’élus au final. Et puis il faut voir pour quels jobs. Trois heures par ci, trois par là, ce n’est pas ça qui fait remonter le compte en banque.

En plus de ça, l’envie n’y est pas. Un peu déboussolé, ce premier jour m’a été rude à digérer. Nouveau départ, nouveaux objectifs, nouvelle ville. Le syndrome lost in translation n’est pas loin. Le boulot attendra un peu –je ne suis pas à zéro non plus-, allons découvrir la ville, se ré-acclimater à la foule, apprivoiser l’agitation.

Il ne faut pas longtemps pour s’apercevoir que Perth est une sacrée ville. Et finalement, pas longtemps pour s’y adapter. La population est jeune, ça va, ça vient, ça bouge dans une ambiance décontractée. De grands espaces verts souvent boisés, s’étalent aux pieds de gratte-ciels ultra-modernes et flambant neufs, le tout dominant une baie parsemée de bateaux de plaisance. La grande classe. Les rues autours du centre d’affaire ont un petit charme, bien loin des rues froides et très « carrées » d’Adélaïde. Toujours dans le centre, le « mall » (la rue commerciale) a également son intérêt : un peu labyrinthique et sur plusieurs étage, il est animé et dynamique sans être étouffant. A une dizaine de minute du centre ville, surplombant la baie, s’étale Kings park, un parc d’au moins la taille d’un quartier. Bien aménagé –comme la plupart des parcs de la ville- les activités y sont nombreuses : balade en forêt ou dans le bush, jardin botanique, aire de jeux, grandes pelouses parsemées de fontaines, points de vue, terrains de sports… Que les non sportifs, les fêtards et les glandeurs de terrasses de cafés se rassurent, Perth ne se défend pas mal du tout non plus du côté du monde de la nuit et des bistrots. Un quartier entier est dédié à la débauche (en plus des nombreux bars parsemant la ville, bien entendu). Bien que je ne sois pas un grand fan des soirées australiennes -j’y reviendrai dans un futur post-, le quartier est tout de même incroyablement vivant dès que la fin de semaine approche et que la nuit tombe. Une rue de la soif en version « quartier de la soif », en somme.

Bref, Perth c’est un peu « la ville qu’est trop bien ». Moderne, jeune, décontractée, remplie de verdure et d’activités, que demande le peuple ? Et bien, du boulot tout simplement. Parce que la ville, ça coûte des sous. Après quelques renseignements pris à droite à gauche, nous nous rendons compte que sans voiture, il sera difficile de trouver du travail dans le centre même de Perth. Rapide brainstorming avec Jon, nous décidons de bouger sur Fremantle, où nous avons possiblement un contact, amie d’une amie de Rennes (merci Couette !), et où il semble qu’il sera plus aisé de trouver du boulot, la ville étant plus petite et touristique. De plus, nous sommes plutôt contents de quitter le taudis qui nous sert d’hôtel : j’ai réalisé -à mes dépens- que l’endroit est infesté de bedbugs. Ce sont de petites punaises qui viennent vous grignoter pendant la nuit et vous laissent des piqures plus grosses et plus urticantes que celles d’un moustique. Vingt deux dollars la nuit, alors que les backpackers alentours tournent autours de trente, faut pas se poser de question non plus.

Le moment est donc venu de quitter Arnie. Il veut rester sur Perth, s’y installer pour quelques mois. La séparation n’est pas non plus un déchirement, nous savons qu’il n’est pas loin et que nos routes se croiseront certainement, puisque nous avons l’intention de faire dans les grandes lignes le même trajet. Et puis, j’ai une revanche à prendre sur le green. Cependant, je ressens évidemment un peu de tristesse à l’idée de ne plus avoir ce sacré personnage à nos côtés. Après un aussi long trip ensemble, c’est véritablement un ami qui s’en va. See you motherflippin’ !

S’en est suivie une bonne petite session de galère entre bus et train avec nos sacs sur le dos -qu’il était bon le temps où tout notre fourbi était entassé dans la voiture-. Nous arrivons alors sur Fremantle et nous installons dans un backpacker. Ce dernier, petit mais confortable, nous parait beaucoup plus propre et mieux tenu que le précédent. Cerise sur le gâteau, l’ambiance y est conviviale et chaleureuse.

La semaine passée à Fremantle n’a pas été particulièrement riche en événements mais elle a tout de même été bien remplie. Au backpack, nous nous sommes rapidement sentis comme faisant partie de la famille, connaissant les anciens et accueillant les nouveaux. Essayant d’éviter un peu les français et leurs travers -je reviendrai également la dessus dans un autre post-, nous avons rencontré une sacrée tripotée d’anglais(es) et d’irlandais(es). Nous avons passé pas mal d’après midi et de soirées en leur compagnie. En plus de nous être bien marré, cela a permis au passage de nous entrainer un peu à la langue de Shakespeare. Et d’apprendre de nouveaux jeux boisson. Et d’être meilleurs au billard… Nous avons également rencontré Lulu (notre fameux contact) et une bonne partie de sa coloc’, des gens très sympas bien installés sur Perth -les veinards-.

Evidemment, nous avons aussi cherché du boulot. Et cela n’a pas été bien concluant. Un peu de taf dans la restauration, les « bons » postes étant difficilement accessibles, car très souvent réservés aux anglophones. Après, il y a les postes foutage de gueule, ne proposant que 3 ou 4 heures par jour à 5h du mat’ ou à 10h du soir, payés au lance-pierre. Certains français au backpacker ont de tels boulots, et nous ont expliqué qu’ils ne mettent qu’une poignée de dollars de côté chaque semaine… Pas le bon plan, si on veut continuer à voyager… Je n’ai pas vraiment envie de rester 6 mois à Perth à attendre d’avoir assez pour bouger plus loin. Nous avons quand même pu faire un peu de jardinage pour une retraitée histoire de se faire de l’argent de poche, mais cumuler des petits boulots dans le genre n’est pas assez rentable.

Nouveau brainstorming avec Jon. Chaque jour nous coûte un pognon fou. Le backpacker, la bouffe, les clopes et le goon, l’addition augmente vite et devient plus salée qu’une morue. Petit coup d’œil sur le Harvest Guide, un manuel recensant tout les coins dédiés à l’agriculture en Australie. Nous découvrons qu’à une centaine de bornes de Perth se trouve Gingin, un petit bled où les saisons de récolte des tomates et des olives devraient commencer. En avant Guingamp. C’est notre nouvel Eldorado.

Sans voiture, il est un peu plus difficile de se déplacer librement, et aucun bus ne mène directement à Gingin. Bon, ça commence mal. Pas abattus par la nouvelle, nous mettons au point un plan qui semble tenir la route. Nous essaierons de prendre un bus qui nous amènera au plus près de Gingin, dans un bled du nom de Bullsbrook faisant toujours partie de la banlieue de Perth -c’est la dernière couronne-. Nous pourrons ainsi profiter d’un pass journalier très abordable pour faire Fremantle (sud ouest) – Bullsbrook (nord est). De là, nous tenterons de faire de l’autostop pour parcourir les 40 kilomètres restants. Plus de 100 bornes pour 5$ chacun. Pas folles les guêpes.

Le jour du départ, et après avoir évité de faire la chouille la veille pour être en forme, réveil à 7h du matin. Pas que c’est l’alarme du portable qui me tire du sommeil, non, non, non, c’est plutôt l’incroyable déluge qui s’abat sur le toit en taule du backpacker. Impossible de mettre le pied dehors sans être complètement trempé. Et naturellement, la pluie a duré toute la journée sur le même rythme. Bon, et bien, nous allons encore passer un jour à Fremantle. Et allez que ça fait dépenser encore de la thune.

Ce coup ci, nous n’avons pas pu éviter le pot de départ. La soirée a été arrosée, tardive et mémorable. Au matin, cela n’a pas été une sinécure de m’extirper du lit dans lequel j’ai dormi. Mais quand faut y aller, faut y aller.

Nous voilà donc partis pour Gingin, escargots humains transportant toute notre vie sur le dos. Mais évidemment les choses ne se sont pas déroulées comme prévues…

PS : j’avais promis un gros post avec des toilettes, du GTA, des chinois, des tomates et de la bestiole aquatique, j’ai menti. Ou plutôt, j’ai préféré m’arrêter au départ de Perth afin de bien séparer les étapes du voyage. Le prochain post contiendra tout ce que j’ai promis tantôt. Et maintenant que nous somme un peu mieux callés (exit les vans, welcome le mini motel), ce post devrait arriver dans pas trop longtemps. Promis. Vraiment.

Derrière, le centre de Perth

Jon in Perth

Le CBD

Le CBD 2

Le CBD 3

Une zone de pique nique sur Kings Park

Le centre de Perth, vu depuis Kings Park (cliquez pour agrandir)

A gauche, le CBD, au centre South Perth (cliquez pour agrandir)

 

 

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2 commentaires pour In the city pressure

  1. Car Eve dit :

    « VOYAGE, VOYAGE ♫♫♫♫♫ »
    Au-dessus des vieux volcans
    Glisse tes ailes sous le tapis du vent
    Voyage, voyage
    Sur le Gange ou l’Amazone
    Chez les blacks, chez les Sicks, chez les jaunes
    Voyage voyage
    Dans tout le royaume
    Sur les dunes du Sahara
    Des iles Fidji au Fujiyama
    Voyage voyage
    Ne t’arrête pas
    Des cœurs bombardés
    Regarde l’océan
    « [Refrain) »
    Au-dessus des capitales
    Des idées fatales
    Regarde l’océan
    « [Refrain) »
    moi je dis : elle a tout dit…et mieux que je ne saurais le faire.
    kiss my son,
    take care of you

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