Et voguent les galères ! (Partie 2 : Welcome to the Hotel Carnarvon, such a lovely place)

Dans le bus, Jon dort, je douille. Mon pied lance et m’empêche de roupiller. Je m’occupe comme je peux, un peu d’écriture, de lecture et de contemplation du rien absolu qui compose le paysage.

La route traverse en effet un bush désertique et peu avenant, quasi vide de végétation. Elle se situe également trop loin des côtes, si bien que l’on ne peut même pas voir l’océan. Ou alors vite fait, entre deux dunes. Après 2 heures comme ça, je me dis que les 10 restantes vont être longues. Elles l’ont été.

En plus, je ne sais pas qui chez Greyhound (la compagnie de bus) a mis en place les détails de ce trajet mais le type mérite trois paires de claques.

A 10h, premier arrêt de 15 min à une station essence/superette en bord de route. Pourquoi pas.

A 12h45, quand la faim commence à se pointer sérieusement, deuxième arrêt à Geraldton, seule grande ville du trajet avant Carnarvon. Nous passons dans la rue principale remplie de snacks, de restaurants, d’un supermarché, d’un Mcdo… Et le bus continue pour faire son arrêt à la sortie de la ville sur un parking tout pourri avec rien autours. Bon bah faut marcher se dit-on. Que nenni, pas le temps ! Nous n’avons que 10 min de pause. Un couple de français avec qui nous avons sympathisé a quand même tenté l’aller retour jusqu’au Mcdo. Ils en sont revenus essoufflés, à la bourre et n’ont pas pu manger leur menus car -roulement de tambour- il est interdit de monter des aliments chauds à bord du bus. Ahahahahahah. La bonne blague. En soute les Big Mac.

Finalement, à 17h30, dernière pause à une minuscule station essence perdue au milieu du bush. Pause de … 45min. Oui oui. Cherchez la logique, il n’y en pas.

Malgré tout, cette pose nous a permis de parler un peu avec le couple venu sur Carnarvon pour chercher du travail, et avec un autre français qui lui a déjà un taf. Ce dernier va sur Carnarvon car la saison de l’élagage des vignes va commencer et il a été appelé par un fermier pour lequel il a déjà travaillé plusieurs saisons. Il nous rassure sur le fait que Carnarvon est une ville agricole où le boulot ne manque pas. Bananes, mangues, tomates et élagage des vignes rien que pour cette période de l’année. Tant mieux.

L’arrivée à Carnarvon s’est faite de nuit dans les 10h du soir. Le premier contact n’est pas folichon, la ville semble se composer d’une rue commerciale – complètement déserte à notre arrivée- et de pas grand-chose autours. Nous descendons du car un peu hagards, jalousons le français qui est récupéré par le fermier lui-même à la sortie du bus et nous mettons en quête d’un backpacker. Dans le Lonely Planet (un guide de voyage), et d’après plusieurs échos, le backpacker du centre ville est très sympa, spacieux et les gérants trouvent du boulot pour les clients. Evidemment, le backpack affiche complet et ne prend pas de réservation, il faut se pointer tout les matins pour savoir s’il y a de la place. Nous nous reportons alors sur le deuxième backpack de la ville, suivi par Gaëtan et Fanny, le couple de français.

Dans celui-ci, il y a de la place et nous allons vite nous rendre compte pourquoi. Nous y avons passé presqu’une semaine (pas vraiment par choix, étant donné que l’autre est toujours plein) et je peux d’ores et déjà affirmer qu’il s’agit du pire backpacker de tout le Western Australia.

Tout d’abord, il faut tout prendre avec caution. Couverts, assiettes, verres et même oreillers ou couvertures. Il faut sortir du pognon pour tout. Et donc, si vous cassez quelque chose ou que quelqu’un vous le pique, dans le baba la caution.

Ensuite, le manager est un vieil alcoolique claudiquant, crade et puant, toujours habillé avec le même short, le même marcel et la même casquette. Il oublie que vous avez payé des nuits d’avance vous menaçant à tort de frais supplémentaires parce que vous n’avez pas quitté les lieux. Mieux encore, il vous annonce qu’il peut vous trouver du taf mais c’est une belle carotte pour que vous restiez (certains ont passé presque 3 semaines en y croyant).

Enfin, certaines règles sont juste incroyables. Entre 10h et 12h, personne ne peut accéder à l’intérieur de l’hôtel, ni à la cuisine, ni à la salle de bain, ni même aux chambres sous prétexte que l’on nettoie les sols… L’alcool est interdit dans le backpack, autorisé seulement sur la terrasse entre 11h du matin et 10h du soir, le reste du temps il faut le mettre dans une pièce fermée à clé hors des « horaires de consommation »… Donc, si je veux boire un verre de vin avec mon repas, impossible. Si je veux boire un coup à 22h30, impossible. Si je veux me mettre une cuite à partir de 9h du mat’ parce que Carnarvon est le trou du cul du monde et que c’est la grosse déprime, impossible. Et quand on déroge aux règles, Jo le clodo vous gueule dessus une cannette de whisky coca à la main et une haleine à décoller du papier peint. Super.

Tout le début de semaine, nous avons cherché du travail activement. En ville, très peu de boulot. Quelques postes de serveuses qui trainent de ci de là. Une usine de préparation de fruits de mer, pour laquelle il faut remplir un questionnaire et attendre son tour… Nous nous reportons sur les champs. Seul problème, sans véhicule pour se rendre dans les plantations, cela devient vite compliqué. Nous avons bien essayé de louer un vélo au backpacker (100 dollars de caution pour des vélos en ruine prêts à se disloquer à chaque instant) et de commencer à faire le tour des fermes mais nous ne sommes pas allés bien loin et avons n’avons essuyé que des refus…

Coup de bol dans notre malheur, des gars rencontrés à Adélaïde avec qui nous sommes restés en contact depuis, nous annoncent qu’ils vont arriver sur Carnarvon avec des vans afin de chercher du boulot, eux aussi étant un peu dans la déche. Ils ont encore 2 places, et nous les proposent. Nous acceptons sans hésiter. Il ne nous reste plus qu’à les attendre.

C’est long d’attendre dans une ville où il ne se passe strictement rien, excepté une soirée les mercredis et les samedis soirs au bar du coin. Rien à visiter, pas vraiment de plages, les rivages étant très vaseux ou carrément composés de mangroves, aucune activité à faire. Nous nous sommes occupés comme nous avons pu avant la véhiculée délivrance.

On a picolé quoi. Et un peu déprimé aussi. Beaucoup, en fait.

La session vans pour le prochain post !

 

Les plages à Carnarvon

 

La promenade

 

Ze backpack

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4 commentaires pour Et voguent les galères ! (Partie 2 : Welcome to the Hotel Carnarvon, such a lovely place)

  1. Fraval dit :

    Hey ça fait plaisir d’avoir la suite de l’histoire … Enfin on aurait préféré quelque chose de plus sympa pour vous ! Courage les Boyz même si je suis sur que la suite ne peut être que meilleur.

    • cdva dit :

      A ce moment du voyage, la suite n’est pas tip top, mais depuis la situation s’est plutot améliorée.
      Je ne veux pas m’avancer mais si tout se passe bien, d’ici fin aout, il est possible que nous nous retrouvions à Bali… 🙂

  2. Morgane dit :

    Bali ? C’est pas en Australie, pourtant :-p Vous allez faire un p’tit crochet, c’est ça ? En tout cas, comme dit Adrien, ça fait plaisir d’avoir de vos nouvelles et de voir que vous vous en sortez (à peu près) malgré toutes ces galères. Et puis, ça force la débrouillardise, au moins !
    Bisous à vous deux

    • cdva dit :

      C’est pas bien loin lorsqu’on est tout au nord de l’Australie, alors autant y faire un tit saut. C’est pas 100% sur, mais ca commence a murir.
      La session galère semble bel et bien finie (*touche tous les objets en bois de la pièce*).
      Après, faut s’dire que d’autres backpackers ont très certainement vécu pire (*retouche tous les objets en bois de la pièce*), alors on garde la pêche et on se plaint pas trop. Sauf un peu sur le blog ^^.
      Et de temps en temps en vrai aussi quand même… ,)
      Merci pour vos messages !

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