Et voguent les galères ! (Partie 3 : G.T.A. Carnavon -Grugage / Tomates / Arnaque in Carnarvon- )

Avant que les vans déboulent, et avec eux l’espoir d’un boulot, nous avons bougé du backpack pour un caravan park à l’entrée de la ville. Cela coute un peu moins cher et, de toute manière,  nous avons commencé à craquer dans cet hôtel minable. Encore une petite session clodo à notre palmarès : nous traversons la ville nos sacs dans un caddie récupéré sur le bord de route.

Quelques jours d’attente plus tard, notre lift arrive enfin. Délivrance ! Nous découvrons
alors toute la troupe (et accessoirement nos futurs compagnons de galère).  Ils sont 6 : un couple, détenteur des 2 vans et 4 autres gars dont  3 que nous connaissons d’Adélaïde. Avec Jon et moi, cela fait donc 4 par véhicule.

Nous passons notre dernière nuit au caravan park (nous y reviendrons…), disons aurevoir à Gaëtan et Fanny -installés au caravan park eux aussi- et partons vers les plantations au nord de la ville.

Devant chaque entrée de ferme, de gros panneaux « No work »/ « No Job » nous accueillent. Nous sentons très vite que nous ne sommes pas les premiers à démarcher, que cette pratique tape possiblement sur les nerfs des agriculteurs et que trouver du boulot pour 8 ne va pas être de la tarte. Tant pis, nous tentons chaque ferme, avec la patate, le sourire, le torse bombé en mode regarde-moi-comment-je-suis-fort-et-grand-et-capable-de-travailler-dans-un-champ. Toujours le même discours, des dizaines de fois. Petites excuses pour le dérangement, un petit « comment ça va ? » enchainé direct par un « on cherche du travail ». Nous apprenons que la ville a été ravagée par des inondations en décembre dernier et que les saisons tardent à débuter. De nombreuses fermes ont été détruites, l’économie agricole en a pris un coup. Beaucoup nous demande de repasser dans une ou deux semaines.

Pourtant, en fin de matinée, alors que nous commençons tous à nous décourager, banco ! Nous obtenons du boulot pour tout le monde, le lendemain matin à 8h. Nous ne savons pas exactement ce que nous allons faire, mais qu’importe, du taf c’est du taf. Je me dis que la scoumoune nous a enfin lâché.

Nous passons notre fin d’après midi à découvrir la ville afin de repérer nos futurs spots.
Car vivre en van, cela signifie dormir dehors, manger dehors et se laver dehors. Il faut trouver un point d’eau potable, des toilettes, des douches publiques, un endroit pour planter la tente et accessoirement un lieu pour faire à manger -pas obligatoire mais cela permet d’économiser le gaz des réchauds-.

Pas loin du centre, un grand parc public, où l’on peut trouver des barbeuks électriques gratuits, des tables et des toilettes publiques. C’est déjà pas mal, mais pas suffisant. Après quelques tours, détours et retours, le problème nous saute vite aux yeux : aucune douche publique, aucun coin d’herbe où le camping est autorisé.

Les douches sur les plages ont été enlevées. En ville, d’autres douches publiques ont carrément été condamnées ou l’eau a été coupée. Concernant les spots de campings, les panneaux « No camping, amende et tout le tralala » pullulent. D’accord, c’est bien compris, les backpackers ne sont pas les bienvenus (sauf, j’imagine, s’ils lâchent leur thune aux caravan parks de la ville…).

Fin d’après midi, cette idée est confirmée. Nous sommes en train de manger à l’aire de barbecue quand une dame se place derrière les vans, un calepin à la main. Elle se fait bien voir en train de prendre nos plaques. Evidemment, nous engageons la conversation. Nous avons beau lui dire que nous ne faisons que manger ici, elle nous agresse à moitié, nous disant que si nous dormons ici, elle appellera la police, qu’elle va leur envoyer nos numéros de plaques, et tout un baratin sur les jeunes, la tranquillité et le voisinage… Merci l’accueil.

Le problème des douches n’a pas mis longtemps à être résolu. En début de soirée, entre chien et loup, nous décidons de gruger les douches du caravan park où Jon et moi avons
passé quelques nuits. L’idée ne me réjouit pas des masses, mais les gars du lift ont l’habitude de le faire, nous assurent qu’il n’y a pas de problème et que ça passe comme dans du beurre. Muai. Cependant, il est vrai que si l‘on veut être propre pour le lendemain, prêts à bosser, une douche aide quand même pas mal.

Nous entrons dans le caravan park en mode furtif et nous nous répartissons dans les
différents points douches. Alors que les autres prennent leur temps, je n’apprécie pas vraiment la douche, prise à la va vite et sur le qui vive avec une petite pointe de paranoia latente. Alors que nous sommes sur le départ, nous sommes interpellés par la manager du caravan park. Heureusement, nous sommes sur le parking visiteur et donc pas vraiment pris sur le fait, bien que trop propres pour être honnêtes. Nous lui disons que nous attendons des amis qui sont clients du camping. Quelques détails sur le nom et sur le numéro de l’emplacement -merci Gaëtan et Fanny d’être resté au caravan park-, et elle nous laisse tranquille en faisant la moue. Ce n’est pas passé loin. Alors que nous filons en vitesse, je ne suis pas bien fier de tout cela et me dis que l’on ne me reprendra pas à faire un truc aussi idiot.

Après la douche, nous cherchons un endroit pour dormir. Nous trouvons finalement une aire de repos sur le bord de l’autoroute, une quinzaine de kilomètres à la sortie de la ville. Le spot n’est pas des plus des plus glamours, mais le camping n’est pas interdit, il y a un peu d’herbe et exceptés les quelques poids lourds qui roulent de nuit, c’est plutôt tranquille. Demain, boulot !

Le lendemain matin, nous nous présentons à la ferme. Nous sommes accueillis un peu bizarrement par une petite dame vietnamienne à l’anglais plus qu’approximatif. Nous la suivons dans les champs, et découvrons par la même sur quoi nous allons bosser : des plants de tomates cerises. Elle nous explique en trois phrases ce que nous devons faire, et dans le même temps, nous montre comment le faire. En gros, nous la voyons s’agiter comme une folle sur un plant de tomate avec des sécateurs en entendant de vagues marmonnements en anglais à l’accent fortement asiatique. Vous vous imaginez qu’aucun de nous ne comprend exactement de quoi il retourne. Nous évitons d’échanger trop de regards car le fou rire nous guette. Après avoir insisté un peu et eu un dialogue de semi-sourd, nous réalisons que nous devons élaguer les plants de tomates. La technique exacte,
nous l’ignorons. Et il semble qu’elle ne nous en dira pas plus…

Deux par rang de tomates, nous commençons le boulot alors qu’elle s’éloigne sur un dernier « go, go, cut, cut ». Que devons nous garder, que devons nous enlever,
le premier pied est un véritable casse tête.

« Tu coupes trop là »

« Mais non je l’ai vu faire, elle les coupe les branches comme ça »

« Mhhh, muai, mais j’ai cru comprendre que ça, il faut garder, tu te souviens quand
elle a dit ‘zis, must kip’ ? »

« Et ça, on enlève ? »

« Dans le doute, enlève que la moitié »

Le boulot est affreusement relou. Accroupis sous le cagnard, il faut être très délicat sous peine de casser les branches rien qu’en les effleurant avec la main. Au moindre contact, les fleurs ou les tomates en train de pousser s’arrachent. Après chaque pied, je compare avec les autres équipes. Les styles sont partagés. Buissons ardents pour certains, coupe ultra coupe pour d’autres. Tout le monde en tout cas se marre bien ne sachant pas vraiment quoi faire.

Au bout d’une heure et demie, la boss revient. Elle nous convoque, l’air visiblement contrarié. Entre deux « olalalalala evriting broken », nous comprenons que nous avons fait un véritable carnage dans les plants. Elle nous explique (c’est un bien grand mot) que nous avons cassé/coupé/arraché trop de fleurs ou de branches principales et que les plants que nous avons « élagués » ne lui rapporteront plus grand-chose. Bah uai ma grande, mais si tu nous avais expliqué un peu mieux, peut être que nous n’aurions pas fait n’importe quoi.

Quoiqu’il en soit, elle décide de nous congédier et nous vire tous sur un « sowy i askiou to liv ». Pas vraiment tous, en fait. Alors que nous sommes sur le départ, elle vient nous voir Jon et moi. Elle nous dit que notre boulot, loin d’être parfait, n’est pas trop mal et que nous pouvons rester. Nous acceptons, un peu tristes pour les autres qui s’en vont l’air dépité, mais assez fiers d’être les seuls à être gardés.

Je dois avouer que nous n’avons pas été si bons que ça. Nous avons juste compris que la clé du boulot est de conserver les fleurs sur le pied. Ou du moins, d’en mettre le moins possible par terre. Donc, à chaque boulette, nous avons caché les fleurs arrachées dans la terre, ou coupé les grosses branches en plusieurs morceaux afin que cela ne se remarque pas trop. Pas folles les guêpes.

Nous revoilà donc au boulot. Un des employés, vietnamien lui aussi, vient nous voir et nous explique un peu mieux comment faire. Son habileté est impressionnante. Ses petites mains filent entre les branches, coupent le surplus, élaguent les feuilles en évitant de toucher ne serait-ce qu’une fleur. Bon bah d’accord, c’est plutôt chaud en fait. Au passage, nous lui demandons des précisions sur la paie : 60 dollars par ligne. Nous nous lançons donc à l’assaut. Après deux heures de boulot, nous réalisons que nous n’avançons pas bien vite et commençons à craquer un peu. A 1h de l’après midi, nous levons les yeux et regardons où nous en sommes. Même pas la moitié de la ligne après 4h30 de boulot (voire même pas le tiers…). Rapide calcul : nous ne finirons pas la ligne ce soir, ce qui signifie que nous ne toucherons même pas 30 dollars chacun par jour. Nous regardons les vietnamiens travailler, ils avancent peut être 3 ou 4 fois plus vite que nous deux, alors qu’ils sont seuls par ligne. Un vrai boulot de chinois, pardonnez moi l’expression.

Alors que nous avons évité le licenciement, nous allons retrouver la boss pour lui dire que
nous n’allons pas continuer. Difficile d’expliquer que nous sommes trop mauvais et trop lents pour le boulot et que nous n’allons pas faire assez d’argent. Voici donc la première fois que j’abandonne un job… Qui plus est, alors que je commence sérieusement à manquer d’argent. Scoumoune, lâche-moi bordel !

Retour donc à la case départ…

Nous sommes récupérés par les autres qui ont tenté de chercher du boulot, en vain. Le soir
venu, il est décidé de retourner gruger les douches dans le même caravan park. Selon moi, ce n’est pas forcement l’idée du siècle -c’est même carrément stupide-. Mais tout le monde est convaincu que ça passe à l’aise, si l’on gare les vans un peu plus loin, à l’extérieur du  caravan park…

J’ai promis que l’on ne m’y reprendrait pas et ne prends pas douche. Mieux vaut être sale.
J’attends les autres en rendant visite à Gaëtan et Fanny et reste avec eux devant leur tente, située près de l’entrée du caravan park. Grand bien m’en a pris. Je remarque de l’agitation près de l’entrée. Le manager et sa femme, lampe torche en main, commencent à roder. Petit texto aux autres « ‘tention z’êtes grillés ». J’entends un peu plus loin les cris de Julie, notre lifteuse. Ca tourne au vinaigre. Je me dis qu’il vaut mieux que je déguerpisse d’ici. Rapide au revoir à mes hôtes. Je file à l’anglaise et me dirige vers le parking où les vans sont garés. A mi-chemin, le 4×4 du proprio s’arrête à ma hauteur.

« La prochaine fois que je te vois, je te défonce, petit *bip* »

« Heu monsieur, j’suis juste venu voir des amis hein, j’ai rien fait »

« Rien à foutre, j sais que vos vans sont garés juste là, je vais chercher les flics, espèce de
*bip*, *bip*, *bip*. »

Et il redémarre en trombe, direction le poste de police. Je me précipite vers le parking et
voit un de nos vans qui commence à démarrer. Je m’approche, la porte latérale s’ouvre, me laissant entrevoir un van rempli, dans lequel tout le monde est entassé. Ni une ni deux je saute à bord.

« Dites les gens, il appelle la police, ca s’rait cool de bouger d’ici, nan ? »

Alors que nous roulons pour quitter la ville, je réalise qu’il manque 2 gars. Nous les
appelons. Ils nous expliquent que la police est arrivée, qu’ils ne peuvent pas récupérer l’autre van et que pour l’instant ils sont planqués dans les champs alentours…

J’en apprends plus sur les versions des autres. Certains se sont enfuis par les clôtures,
d’autres ont tracé par la porte principale (d’où les cris de Julie), et un s’est carrément pris un droite par le proprio pendant que celui-ci l’a dépouillé de 100 dollars se servant dans son porte feuille.

Dans le van l’ambiance est tendue, nerveuse. Un débat s’ouvre, que faire des 2 pauvres
zygotos laissés derrière nous. Un autre appel, ils décrochent en chuchotant : ils sont allongés dans un champ et croient être suivis. La police n’est plus là, mais ils pensent que le proprio du camping rôde. Hallucination, vérité, comment savoir ? Nous leur conseillons d’attendre encore un peu avant de récupérer le véhicule.

Nous nous arrêtons sur un parking après avoir bien roulé et mis de la distance entre nous
et la ville. En faisant les cent pas, je fume une clope en ruminant. La journée commence à être foutrement longue. Pas mal d’idées traversent mon esprit. Allons-nous être recherchés ? Si les vans sont grillés en ville, trouver du taf va être sacrément dur. Un peu de paranoïa s’installe. Après plusieurs minutes -et plusieurs autres clopes-, la tension redescend. Nous appelons les deux « pourchassés », il semble que tout ce soit calmé. Ils viennent juste de récupérer le deuxième van et nous rejoignent. Nous discutons de la
situation. Il est clair que nous n’avons tué personne et que nous exagérons peut être notre statu de fugitifs. La police est certainement passée en vite fait, et de toute manière, elle ne peut pas grand-chose contre nous. A l’évidence les vans ne vont pas être recherchés pour « suspicion de carottage de douche ». Et ne l’ont jamais été, d’ailleurs.

L’aventure a eu du bon, cela a mis un peu de plomb dans l’aile à certains du lift qui réalisent que, oui, faire des trucs illégaux – même si à première vue cela ne parait pas grand-chose -, bah cela peut avoir des conséquences. Nous décidons de quitter la ville pour
quelques jours. Cela ne sert à rien d’attendre en tournant en rond dans ce foutu bled que la saison commence et, de plus, si l’on peut se faire un peu oublier, cela n’en est que mieux.

Le lendemain matin, nous optons pour bouger vers le sud, pour une petite session de
plusieurs jours à Shark Bay, une baie réputée pour sa faune sous marine, notamment ses requins et ses dauphins.

La bas, pas des masses de choses à faire, mais quand même assez pour nous vider un peu
l’esprit. Plusieurs points de vue assez spectaculaires, situés en haut de falaises donnant sur des baies d’eau ultra claire. Avec un peu de chance, l’on peut y observer raies Manta, requins et autres bestioles marines. Une petite ville (Denham), clairement orientée vers la pêche et la navigation de plaisance. Un resort (Monkey Mia), réputé pour sa principale attraction : un nourrissage quotidien d’un groupe de dauphins.

Nous avons donc participé à ce fameux nourrissage. C’est ultra touristique, il faut voir la
foule qui se précipite au bord de l’eau pour voir les dauphins se radiner. Pendant la présentation, les rangers ont beau répéter que ce nourrissage ne rend pas les dauphins domestiques, qu’ils doivent continuer à chasser par eux même et qu’il s’agit juste d’une interaction dauphin/homme limitée, le concept ressemble tout de même à un Marineland en plein air… Les dauphins reviennent plusieurs fois par jour, se battent pour être le prochain servi, certains ayant même de sacrées blessures. La première session s’est d’ailleurs finie sur une baston générale de dauphins.

Après le nourrissage, nous avons profité de la plage. Une ou deux heures plus tard, les
nageoires dorsales apparaissent de nouveau au loin. Plusieurs gars du lift filent dans l’eau, pour essayer de se rapprocher des bestioles. Lézardant sur la plage, je rigole sur le fait que les dauphins vont rejoindre la zone protégée (une zone délimitée par des bouées réservée au dauphin, où il est interdit de nager) avant qu’aucun des nageurs n’arrive à se rapprocher assez des cétacés. Et là, me faisant mentir, les nageoires dévient, et se rapprochent du coin de plage où nous sommes. Voyant ça, je me précipite à la flotte. Pendant ce temps, la foule s’accumule sur le rivage de la zone protégée afin de participer au deuxième nourrissage. Qui n’aura pas vraiment lieu, puisque la plupart des dauphins sont venus nager tout autour de nous. Curieux et joueurs, ils ont effectué plusieurs passages, réalisé quelques petits bonds hors de l’eau, émis ces cris si caractéristiques sous les regards un peu jaloux et dégoutés des touristes restés au bord de l’eau. Muahahaha. Nager avec des dauphins dans l’Océan Indien ? Fait !

Après quelques jours dans le coin, nous décidons que les mini-vacances sont terminées et qu’il est temps de retourner chercher du taf. Cependant, le couple détenteur des deux vans reste sur Denham, hébergé par un local, ami de leur ancien patron. Ce dernier leur a trouvé du boulot sur place. Julie nous prête son van pour que nous puissions retourner sur Carnarvon et continuer à prospecter.

Il faut donc imaginer 6 bonhommes, toutes leurs affaires, le matériel de camping, la
vaisselle  et la becquetance dans un Tarago (un  monospace familial). Malgré la contenance stupéfiante d’un tel véhicule, nous sommes plutôt serrés. Douze œufs entassés dans le même panier. Le retour sur Carnarvon est difficile, sorte de retour à la réalité sordide après les quelques moments très sympas que nous avons vécu sur Shark Bay.

Sordide oui, le mot n’est pas trop faible. Pendant presque dix jours, nous avons vécu comme une bande de semi clodos. Vaines recherches de boulot toute la journée (la saison
des tomates n’est pas encore d’actualité, tout les fruits sont encore verts…), repas pris sur l’aire de barbecue, douches effectuées à l’aide d’un seau dans des toilettes publiques un poil cradingues et nuits passées à camper sur le bord de l’autoroute. Chaque matin, nous nous faisons dévorer les jambes par des sand flies, sorte de moustiques ayant la taille de moucherons et dont les piqures sont très urticantes (une véritable plaie ces bestioles, surtout qu’à force, on devient allergique et la moindre piqure est alors insoutenable). Chaque soir, il faut attendre la tombée de la nuit (et le départ des gamins de l’aire de jeu) afin d’aller se laver dans les toilettes en compagnie des cafards et des rats. Cela n’a pas été vraiment la joie.

Pendant cette période, nous avons trouvé quelque chose dans l’élagage des vignes, payé à la ligne. Un peu comme pour les tomates, on ne nous a pas expliqué grand-chose et on nous a envoyé dans les champs le sécateur à la main (sécateur que nous avons dû payer de notre poche, l’employeur n’en fournissant pas…).

Après trois jours de boulot assez exténuants (10 heures par jour à couper des branches, les
dérouler, les tirer), nous obtenons notre paie : 504 $. Pour tous les 6. Oui, Oui. Cela fait donc 84$ par personne, soit moins de 3$ par heure (3$ équivalent environ à 2 euros). Sachant que les sécateurs et les gants nous ont couté à peu près 50$, imaginez notre enthousiasme. Travailler dans une usine Nike en Chine ou pour une entreprise sdérurgique au Mexique est plus rentable… Forcément, il possible de se faire plus d’argent que cela dans ce boulot, mais si personne ne nous explique la technique appropriée, c’est la galère totale. Lorsque, le vendredi -jour de paie-, l’employeur nous dit « See you Monday », nous branlons du chef, lui faisons un grand sourire et lui répondons, en français, qu’il peut toujours courir et qu’il ne nous reverra pas de si tôt. Je crois qu’il nous attend encore.

Car nous avons possiblement un autre plan boulot dans l’élagage de vignes. Nous avons
rencontré un fermier intéressé, qui nous a donné rendez vous le dimanche après midi. C’est légèrement fébriles que nous le rencontrons. Il représente un peu la dernière chance. Il nous explique que pour bosser pour lui, il faut vivre au logement qu’il fournit, -sorte de backpacker au milieu des champs-. Chambres pour 2 ou 3 avec vrais lits, douches, toilettes, cuisine totalement aménagée pour 100$ par semaine, payable une fois que nous aurons travaillé un peu. Ce n’est pas vraiment de première main, ni parfaitement propre, mais nous acceptons sans rechigner. Nous emménageons immédiatement. En fin d’après midi, il nous explique en détail le boulot, la technique, prend le temps de nous donner des conseils. Nous remarquons que sa façon de travailler est beaucoup plus ordonnée : il sépare les étapes (coupage, tirage, nettoyage des branches restantes) contrairement à notre dernier employeur qui nous a demandé de tout faire en une fois. De plus, la paye semble être un peu plus importante. Au mini motel, nous retrouvons le français rencontré dans le bus qui avait déjà son plan boulot et qui nous avait vanté celui-ci (souvenez-vous, celui qui s’est fait récupéré par le fermier lui-même à la descente du bus). Soulagement. Nous sommes manifestement arrivés au bout de nos peines.

Ahah, scoumoune, nous avons gagné !!

C’est motivés et requinqués que nous attaquons notre première journée de boulot, le lundi matin.

Le boulot, et le road trip qui a suivi pour bientôt ! Dans l’intervalle, je vais essayer de prendre un peu de temps pour uploader des photos et faire un bon gros post photos comme vous les aimez.

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9 commentaires pour Et voguent les galères ! (Partie 3 : G.T.A. Carnavon -Grugage / Tomates / Arnaque in Carnarvon- )

  1. Ad Fra dit :

    Entre envie et compassion, c’est bien se que je ressent pour vous deux en lisant ces lignes !
    courage !

  2. Ad Fra dit :

    Hey au fait Merci pour la carte ! ça ma fait vachement plaisir !!! dsl pour le spam

    • cdva dit :

      Pas de problème 🙂
      J’espère que tu as reçu les 2 qui t’étaient destinées.
      Ceux qui n’ont pas encore reçu de carte, c’est normal, je vais faire une deuxième session bientôt.
      Surveillez vos boites aux lettres !

  3. Morgane dit :

    Hello ! Justement, je voulais moi aussi te remercier, ainsi que de la part d’Edouard aussi, pour les deux cartes ! Sympa l’idée d’en envoyer deux, ça nous a fait très plaisir 🙂
    Et puis aussi, bonne fête à toi !! Et oui, c’est la saint Laurent aujourd’hui ^^
    En espérant que ce sera la pire session de galère que vous aurez à subir, parce que didonc…
    Des bisous !

    • cdva dit :

      Mmmh la pire session galère va peut être commencer dans les prochains jours… L’Australie s’trop cool.
      Pas de soucis pour les cartes 🙂

  4. Mathieu dit :

    Wahou !! génial vos aventures les gars

  5. Jeremy dit :

    je me retrouve dans ses quelques lignes, je suis sur Carnarvon depuis 10 jours, sans véhicules et j’ai vécu un peu la même chose que vous, travailler pour un chinois, faire des journées de 10h de taff et gagné juste quelques Dollars :/
    Qu’es ce que ça a donné le deuxième taillage de vignes ? Vous le recommandez ? Si oui pouvez vous m’envoyer ses coordonnées par mail à jeremy*****@gmail.com
    Si vous avez d’autres bons Plans Taff je suis preneur, car la notre ancien employeur Chinois, n’a plus de travail pour nous, pour une semaine ou deux !!! :s
    Merci d’avance pour vos conseils.

    Jérémy

    [Modif cdva : j’ai flouté votre mail]

    • cdva dit :

      Tout d’abord, merci pour votre commentaire.
      Ensuite, je tiens à dire que je compatis à votre situation « carnavonienne » qui est loin d’être la ville la plus charmante d’Australie.
      Concernant le deuxième taf, je vous invite à lire la suite, le post suivant expliquera un peu ce que nous avons vécu dans cette 2eme ferme.
      Pour résumer, ce n’était pas forcément le meilleur boulot que nous avons eu pendant notre voyage (le patron et sa famille sont un peu spéciaux), mais dans l’ensemble et par rapport à ce que nous avons vu dans le coin, c’était plutôt acceptable.
      Je vous mail toutes les infos que j’ai.
      Bon courage, et ne lâchez rien, passé Carnarvon, on peut voir pas mal de trucs sympas sur la route pour Darwin !

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