Suicide month (Part I : « build up »)

Voilà un poème tiré d’un bouquin sur l’histoire de Batchelor.

Poème tiré du livre "The Heart of Rum Jungle" de Douglas R. Barrie.

Cela mérite quelques explications. Dans le nord de l’Australie, la transition saison
sèche-saison humide se fait sur les mois de septembre, octobre et novembre. Pendant ces trois mois, la température augmente, le soleil se fait plus mordant  que jamais. C’est vers fin novembre début décembre que les pluies tropicales apparaissent, rafraîchissant à peine l’atmosphère et faisant également exploser  le taux d’humidité. Le suicide month est donc une période entre octobre et novembre, appelée le « build up », lorsque le thermomètre augmente progressivement et que l’on tend vers la sécheresse. Pour les locaux, il s’agit parfois d’un mois aux tendances suicidaires, tant cette chaleur est insoutenable.

Nous avons connu nous aussi notre suicide month (qui se situe plus entre la mi-août et la fin septembre) mais cela n’a pas été la chaleur notre principal problème. Nous en avons eu ras le bol de l’enchainement de galères et de situations merdiques. Nous avons même pensé à tout arrêter, à rentrer au pays. Mais, comme dans le poème, nous avons réussi à tenir jusqu’à la pluie…

Voici la première partie, « le build up »

A peine arrivés à Darwin, nous déposons Abbie dans un backpack. Nous découvrons par la même à quoi ressemble la capitale du Nothern Territory. Première constatation,  le centre ville est minuscule : quatre/cinq rues, des commerces, des bars, des restaurants, des backpacks, quelques buildings plus résidentiels que commerciaux. Deuxième constatation, c’est bruyant, peuplé, décontracté (trop). Les terrasses sont bondées, chacune de leur sono crachant à qui mieux-mieux leur musique assourdissante. Sur les toits de certains backpackers, des piscines remplies de types en mode regarde-moi-mes-abdos-et-mes-tatouages-comment-on-frime-à-boire-de-la-bière accompagnés de gonzesses en mode Ouh-moi-et-mon-décolleté-on-te-regarde-frimer-à-boire-de-la-bière. Ce n’est même pas le début de soirée, il s’agit seulement du tout début d’après midi. Cela sonne faux, cette décontraction. Cela fait « ambiance de fête continue » parce qu’il en faut une, parce qu’il faut combler quelque chose.

Encore une fois, la transition entre road trip et l’arrivée dans une grande ville est difficile. J’ai beau le savoir, l’avoir déjà vécu, m’être préparé, le sentiment
« lost in translation » de Perth revient de plein fouet, exacerbé par un voyage plus long et une ville plus m’as-tu vu. Alors que j’avais laissé sa chance à Perth, je ne vois pas comment laisser sa chance à Darwin. Les armoires à glace adeptes de la gonflette et tatouées ridiculement abruties par la bière, les filles habillées et maquillées comme si le concours de Miss Catin 2011 allait commencer, la surenchère d’ambiance… Je redoute de côtoyer tout cela. Je redoute d’être dans un backpacker où la seule activité est d’être au top de la coolitude pour tromper je ne sais quel manque, je ne sais quel ennui.

De toute manière, mes vœux sont exaucés : les prix des backpackers sont exorbitants, plus de 30$ la nuit. Nous hallucinons un peu, écumons tous les hôtels du centre et de ses alentours. Toujours la même gamme de tarifs. Etant donné que Jon et moi ne pouvons nous permettre ce luxe, nous décidons donc de nous installer dans un caravan park à la sortie de la ville, proche de l’aéroport. Arnie et Anne Mary viennent passer une nuit avec nous mais, en manque d’un peu de confort après ce mois de voyage, décident de bouger en backpacker la nuit suivante. Nous n’avons pas cette chance. Et continuerons de dormir en tente encore un peu…

Encore un chapitre du voyage se clôture, il faut dire au revoir à Arnie, Anne Mary et à
la Falcon, voiture attitrée de nos délires et de nos voyages. Mais, contrairement à la dernière fois, cela sera définitif, Arnie devant se rendre sur la côte Est sous peu pour prendre un avion vers la Nouvelle Zélande. Nous nous reverrons peut être en Europe, la Belgique n’étant pas si loin que ça…

Arnie parti, et avec lui tout son matos de camping, nous voilà donc avec Jon dans un caravan park excentré du centre ville, dormant encore et toujours sous la tente et
n’ayant comme seuls ustensiles de cuisine qu’une tasse en plastique (trouvée pendant le voyage) et qu’un couteau suisse. A la camp kitchen du camping aucune poêle, casserole, assiette, bol, couvert… Impossible de faire bouillir ne serait-ce que de l’eau pour faire des pâtes. Et puis, même si nous y arrivions, pour les manger à la main à même la casserole ?

La solution nous est apparue dans les noodles (une bouilloire et zou), et dans les saucisses à-pas-cher (un coup de barbecue et zou). Nos repas pendant une semaine ont
ainsi été d’une diversité renversante. Nos maux de bides l’ont été tout autant.

Pendant cette semaine, nous avons cherché du boulot dans Darwin. Vous vous en doutez, cela a été un échec. Les agences d’intérims -lorsqu’elles ne nous dégagent pas parce que ne nous sommes pas australiens- nous annoncent qu’il n’y aura rien pour les
backpackers avant la saison des mangues, dans quelques semaines. Bars et restaurants sont sur la fin de la saison. Au casino, nous atteignons le bureau des ressources humaines pour tomber sur deux grognasses en train de papoter et de se limer les ongles des mains  -limite avec les pieds fraichement vernis sur le bureau, du coton entre chaque orteils-. Elles nous expliquent avec le sourire que tout le recrutement se passe online, sur le site de la chaîne de casinos. Tu parles qu’elles ont l’air content, foutues planquées. Sur le site, plein d’offres d’emploi pour le casino d’Auckland (Nouvelle Zélande), mais rien pour Darwin…

J’ai encore un espoir : l’aéroport international de Darwin. Dans ma tête, j’me dis qu’il
doit bien y’avoir du boulot dans un aéroport de cette envergure. La mission pour y aller a été assez mémorable, le bus nous ayant déposé assez loin, nous avons marché sous le cagnard pendant 2 bonnes heures. Pour finalement arriver en sueur devant un aéroport pas bien grand. Déception. Bon n’empêche, y’a de l’activité, allons voir le point d’information. Lorsque j’explique à la préposée notre situation et lui demande de nous indiquer où aller pour dégoter du travail dans l’aéroport (un bureau de recrutement, une DRH, une agence…), elle nous regarde comme des aliens dansant la polka, certainement habituée à ne répondre que «les toilettes sont par ici », « voici la liste des hôtels de Darwin » et « les taxis sont par là bas ». Finalement, une vague lueur éclaire son regard, nous explique que l’aéroport est géré par des boites privées. C’est bien ce que nous cherchons, madame. Elle attrape alors une carte de Darwin et surligne au stabylo rose -détail qui tue-, plusieurs adresses. Je jubile déjà m’imaginant appeler ces entreprises, avoir une réponse positive, travailler… jusqu’à ce que je réalise qu’elle a tout simplement souligné toutes les agences d’intérim de la liste du dépliant. Les mêmes agences d’intérim citées précédemment et déjà prospectées, évidemment. Encore près du comptoir lorsque nous réalisons cela, nous explosons de rire, avec une pointe d’amertume qui pique, tout de même. La pauvresse ne comprend pas et reprend son regard « rencontre dansante du 3ème type » pendant que nous quittons l’aéroport. Avant de partir, nous laissons des CV aux hôtels alentours mais n’y croyons plus vraiment… Le post « y’en a marre » date de cette période, lorsqu’un mail d’Arnie nous apprend qu’Anne Mary a trouvé du boulot en moins d’un jour à l’hôpital de Darwin, puisqu’elle est infirmière (et irlandaise…hum, ok j’arrête la mauvaise foi). De notre côté, la salvation viendra certainement des mangues, y’a pas vraiment le choix.

Après ces quelques jours de motivation, les journées au caravan park ont trainé en
longueur. Peu de backpackers présents pour taper la discute ou sympathiser, pas
grand-chose à faire : nous nous sommes trouvé un banc avec une prise électrique et avons ingurgité quantité de Scrubs et de films… Les empreintes de nos postérieurs doivent toujours s’y trouver. Cependant dans un sursaut d’énergie, Jon s’est tapé une jolie motive et est allé se perdre entre bus et marche en bord d’autoroute dans les petits bleds reculés à la sortie de Darwin (mea culpa, pendant ce temps j’ai trainé en ville avec une connaissance de Perth…). Il a réussi a trouvé les coordonnées d’un fermier vietnamien qui nous propose de passer le voir. Les quelques contacts au caravan park nous filent le numéro d’un français qui possède un van et voyage seul, et qui aurait possiblement besoin de boulot.

Nous allons finalement voir le fermier, petit vietnamien complètement défoncé à Dieu sait quoi et aux petits chicots rongés sur lesquels le jaune et le noir se disputent l’avantage. Après un mini entretien d’embauche / motivation, pendant lequel nous assurons que c’est bien nous les meilleurs, les plus motivés, les plus forts (je me vois encore dire : « la chaleur ? moi? Peuh ! Pas de problème, je ne crains pas le soleil »…), il nous assure que nous sommes les premiers sur sa liste, et donc les premiers appelés quand le boulot commencera. Dans 3 ou 4 semaines. Le possesseur du van nous explique qu’il ne tient pas à rester autant de temps et préfère tracer la route sur la côte Est grâce à ses derniers deniers. Nous ne pouvons pas en faire autant, mais au moins nous avons le plan boulot dans les mangues (pas trop mal payé et sur 6 semaines d’affilée). Notre salvation viendra donc des mangues.

Mais pour cela, il faut donc attendre plusieurs semaines. Chose dont nos comptes en banque ne sont pas capables. On a beau vivre pour une 20aine de dollars par jour, lorsque l’on a moins de 200$, ça fait plus lourd à tenir. Depuis Broome, nous avons
espéré toucher nos taxbacks (les impôts prélevés sur nos différents salaires qu’il est possible de récupérer), mais après être passés au taxation office (le bureau qui s’en occupe), nous nous sommes pris une claque : il faut en général 6 à 8 semaines après la demande. Soit encore bien 4 ou 5 semaines à tenir.

Nous avons alorsopté pour une session Wwoofing, ce programme d’échange qui permet à des fermiers (et maintenant, plus largement, à des particuliers) d’accueillir de la main d’œuvre contre l’hébergement et les repas. Je me suis inscrit sur le site
(www.helpX.net, différent du programme officiel Wwoofing mais tout aussi efficace) à l’époque de Carnarvon préparant le coup dur financier, mais ne m’en suis jamais servi. Il est peut être temps…

Après un rapide coup d’œil, presqu’aucune offre sur Darwin, les rares à proposer quelque chose étant déjà complets. A rayer également les offres des allumés, comme :

« Nous aimons la nature et faisons pousser des légumes bio. Chez nous tout est interdit : déo, savon, plastique, puisque l’eau de la douche arrose les plantes et que nos
déjections font pousser les légumes. Nous n’aimons pas les télés, ne sommes pas fans de l’électricité et des téléphones non plus. Mais on aime tresser des paniers en osier et  chanter le soir autours du feu».

Finalement, nous trouvons quelque chose à Batchelor (100 km au sud de Darwin, proche du parc Litchfield) qui semble correct. Un couple avec 2 enfants a besoin de monde pour retaper l’abri sur leur « propriété rurale » dans le bush. Là bas, c’est à l’ancienne (pas d’eau ni d’électricité), mais nous pouvons également profiter de temps en temps de leur maison en ville.  Cela nous semble correct, et contactons la famille hôte. Quelques mails échangés et  deux ou trois coups de fil plus tard, l’hôte nous accepte. Let’s go pour Batchelor !

Nous nous rendons donc sur Batchelor en Greyhound et sommes récupérés par l’hôte. Le type qui nous attend à l’arrêt de bus est une grande gigue maigre, l’air un peu ailleurs et un chapeau de cow-boy vissé sur la tête. Il dévoile un sourire-dents-du-bonheur en lançant un « how is it going mate » typiquement australien. Nous grimpons dans son énorme 4×4, direction sa maison. Nous passons un bout de temps à discuter avec lui sur sa terrasse. C’est un australien pure souche, un peu pécore sur les bords, mais il a l’air sympa. C’est plutôt lui qui a fait toute la discussion, il nous a expliqué l’organisation et le boulot à faire dans le bush, nous a parlé des précédents helpers, nous a fait visiter son jardin et son poulailler… En fin d’après midi, nous nous rendons enfin dans le bush et découvrons alors ce que signifie « rural property » en Australie : grosse décharge toute crade.

Sur le terrain, un hangar branlant et rouillé, dont une partie abrite un vieux bus suranné encore plus rouillé. Ce dernier sert de rangement à bordel, pneus, jouets pour
enfants, meubles en ruines… Autour du hangar des tonnes de bric à brac. Machines à laver, caisses de bouteilles de verre, batteries de voiture, morceaux de métal, briques, planches de tôle… Et puis il y a aussi une véritable casse : une dizaine de carcasses de motos, une demi-douzaine de carcasse de voitures… Tout ce joyeux bordel rouille et pourrit depuis des années entre saisons sèches et saisons humides, s’entasse de petit tas en petit tas, se répand autours de l’épicentre à bordel qu’est l’abri.

Nous rencontrons les deux helpers que nous allons remplacer, Maja une allemande et John un taïwanais (oui, tous les asiatiques ont des noms occidentaux, car lorsqu’ils
voyagent, ils choisissent un prénom, histoire d’être compris lorsqu’ils se présentent). Ces deux là, très sympas, nous expliquent comment s’organise la vie dans le bush. Finalement, cela n’a pas l’air trop rude. Certes le confort est rudimentaire mais tout à fait acceptable : eau potable en réservoir (eau de pluie ou eau de la ville ramenée par l’hôte), réchaud à gaz, douche chaude grâce à une jarre en terre cuite dans laquelle l’eau se réchauffe toute la journée au soleil, glacière en guise de frigo. L’hôte ramène tous les jours à manger, pas mal d’œufs frais de son poulailler, des fruits et des légumes de son jardin. Nous avons donc planté la tente et nous sommes installés en pensant que l’on aurait pu tomber sur pire.

Les jours suivants, avant que Maja et John ne s’en aillent, nous avons effectué des
petites tâches à droite à gauche : creuser des trous pour les futures clotûres, du rangement, un peu de débroussaillage du bush… Excepté la chaleur incroyable qui empêche de faire quoi que ce soit entre 12 et 16 heures, les journées se sont déroulées agréablement. Puis, une fois les autres partis, nous avons récupéré le véritable boulot en cours : réaliser un chemin autour de l’abri et une terrasse, le tout en pavé. Construire du solide et du durable autour de quelque chose qui ne tiendra pas 2 ans… toute une mentalité qui nous échappe. Et qui est assez révélateur du personnage qui nous a accueillis…

Car au fil des jours, Jon et moi avons commencé à réaliser que ce wwoofing, à première vue une bénédiction qui nous a sorti de la misère, est un en fait une malédiction qu’il
va falloir subir. L’hôte est en effet quelqu’un de très… particulier. Il se ramène tous les jours pour trainer sous l’abri, sans véritablement aider. Il passe le temps entre coups de balai nonchalants et observation du bush depuis sa chaise sous l’abri. A croire qu’il veut juste être à l’écart de la ville et des gens (Batchelor, je le rappelle compte à tout péter 800 habitants… ce n’est pas ce qu’on pourrait appeler un « coin qui bouge »). Comme il est toujours dans les parages, nous nous sentons un peu obligé de bosser ou de faire quelque chose et dépassons allégrement les 4 heures par jour. Et puis, il reste jusqu’au bout du bout, attendant bien la tombée de la nuit pour partir, nous laissant prendre notre douche dans le noir, ou dine carrément avec nous. Il est en pré retraite, et a donc tout le temps qu’il veut (pendant que sa femme, infirmière, travaille sur Darwin, s’occupe des enfants et de la maison…). Ah oui aussi, petite précision, à chaque repas dans le bush qu’il a pris avec nous, nous avons cuisiné pour lui et fait sa vaisselle et ce, pendant toute la durée de notre séjour…

Le pire, c’est qu’il passe le plus clair de son temps à nous coller (même pendant que nous bossons…) pour nous radoter les mêmes choses, encore et encore : ses voyages, le bush, sa vision des gens -qui sont tous des cons ou pas loin-, son refus de la société de consommation -qu’il a commencé à expliquer après le refus d’un Tic-Tac qui, comme toutes les sucreries selon lui, mènent à l’obésité et à l’abrutissement des masses à cause des campagnes de pubs-, sa haine de ses voisins spécialement les deux qui sont homos -oui nous avons eu droit à des discours limite homophobes- et son expérience dans les mangues -c’est tellement dur et chaud et difficile et la sève est acide, pauvre de nous qui voulons faire la saison, nous allons souffrir et qu’il en ricane tellement c’est dur et chaud et difficile et la sève est acide et que lui il en a fait des saisons et que c’est chaud, c’est dur, c’est difficile et la sève est acide-… Comme il ponctue toutes ses phrases d’un « you know what I mean ?» (TOUTES ses phrases), nous avons donc adopté le «cerveau en  mode croisière » lors de ses interminables ressassements : attendre un « you know what I mean », dire un « yes yes, exactly » ou « mmmh, yeah » et relaisser son cerveau vagabonder pendant qu’il déblatère…

Je n’ai jamais vu un tel plouc si conforté dans ses opinions, si borné et buté. Nous avons compris la source de ses problèmes de voisinage : insultant les deux homos
dès qu’il en a l’occasion, j’imagine bien que les deux types lui tombent désormais dessus pour le moindre détail (remorque sur le trottoir, poulailler, grillage…). Il harcèle la mairie régulièrement pour tout et n’importe et quoi et ne comprend pas de quel droit certains précédents helpers ont remis en question l’éducation de ses enfants. Car ses enfants, parlons en. Nous n’avons pas beaucoup vu sa fille de 6 ans (il l’a écartée le plus possible de nous, car elle a tendance à se mettre nue devant les étrangers -sic-), mais nous avons eu droit à son petit monstre de 4 ans. Et souvent. Quasi tout le temps, en fait.

Selon notre hôte, la maternelle ce n’est pas utile, son fils est mieux dans le bush. Il l’amène donc chaque jour avec lui et le laisse jouer, vagabonder et trainer dans la
décharge géante. Toujours dans nos pattes puisque son père l’ignore royalement toute la journée (excepté pour lui servir un verre d’eau de temps à autres…), le petit monstre nous a mené la vie dure. En manque flagrant d’attention et d’éducation, sans aucun jouet et sans jamais de contact d’autres enfants, le pauvre gamin nous a collé dès qu’il le pouvait, criant des « look at me » à qui mieux-mieux, nous sautant dessus pour nous escalader, nous empêchant même quelque fois de bosser (en se jetant dans le trou que l’on est en train de creuser ou se mettant sur les pavés que l’on est en train de marteler…). Au début j’ai tenté la méthode feu Super Nanny, en me mettant à genou et en tentant d’expliquer lentement et calmement, mais cela n’a pas été efficace du tout, il s’est révélé être une foutue teigne, autoritaire et malpoli qui n’écoute rien. J’ai dû trouver des trésors de patience et de contrôle de soi pour réussir à tenir jusqu’à la fin sans l’attraper, le mettre sur mes genoux et lui administrer une fessée de tous les diables pour le calmer.

Les jours sont donc longs, très longs. Mais il faut tenir, car nous ne dépensons rien et nous n’avons pas les moyens de faire les fines bouches. Chaque jour qui passe est un
jour qui nous rapproche du coup de fil salutaire du fermier. D’ailleurs, lors d’un passage en ville pour chopper du réseau, nous avons établi un plan. Comme une voiture est nécessaire pour le boulot, et que le 3ème s’est désisté, nous avons contacté Jo, l’américain resté sur Broome. Intéressé par le plan mangue, il prévoit donc de monter sur Darwin, et de venir nous récupérer à Batchelor pour aller ensuite bosser tous ensemble. Au niveau du timing tout colle, nous n’attendons plus que le début de la saison, qui selon le fermier, devrait commencer mi septembre, dans une semaine. Autre heureuse nouvelle, nous avons touché nos taxbacks, et avons donc maintenant un peu d’argent pour voir venir. Nous pouvons quitter ce wwoofing infernal et nous payer un camping. En plus, si le plan mangue du vietnamien ne nous convient pas, nous pourrons toujours changer et chercher ailleurs.

Après quelques pseudos effusions pour le départ, nous quittons prestement notre hôte sans nous retourner, pour nous installer au caravan park de Batchelor, histoire
d’attendre Jo qui doit arriver dans 1 ou 2 jours. C’est bizarre mais nous sommes soulagés, heureux. D’un certain côté, nous retrouvons notre liberté. Notre liberté de choix, de mouvement, nous n’avons plus à acquiescer à toute les conneries d’un plouc, plus à subir son mioche. Et même si ce type nous a sauvés de la banqueroute, une fois chez lui nous étions piégés, il nous était impossible de se dire « allez ça suffit on bouge ». Les taxbacks nous ont rendu cette possibilité.

Un peu d’argent, un lift et un boulot dans la semaine, il semblerait que la pluie se rapproche et mette fin au suicide month… Mais comme vous le verrez au prochain post, la pluie n’est finalement pas pour tout de suite !

La "propriété rurale" (1)

La "propriété rurale" (2)

La "propriété rurale" (3)

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